L'astronomie, science chinoise antique
Les
Babyloniens mis à part, les anciens Chinois semblent avoir été
les plus persévérants et les plus précis des observateurs
du ciel, avant les Arabes. Si la science "moderne" est née dans l'Europe du
XVIIe siècle, bon nombre des inventions et découvertes scientifiques qui font
aujourd'hui partie de notre quotidien proviennent en réalité de la Chine antique
et médiévale. C'est le cas par exemple de la circulation sanguine, attribuée
à William Harvey, de la Première loi de mouvement, "redécouverte" par Isaac
Newton, ou de l'imprimerie à caractère mobile, "réinventée" par Johan Gutenberg.
Ainsi, les fruits de près de trente siècles de développement technologique
et scientifique chinois, transmis de l'Orient à l'Occident sans que l'on sache
toujours par quelles voies, ont souvent été minimisés. Après des débuts
prometteurs, l'astronomie chinoise finit par stagner, tant pour des raisons
politiques que techniques.
Les
Chinois observent le ciel depuis des millénaires, notant consciencieusement
explosions de supernovae, éruptions solaires, alignements de planètes
et passages de comètes entre autres. Même les plus anciennes
de ces observations ont une importance scientifique, car elles offrent aux
astronomes contemporains de précieuses références. Au
cours du Royaume Xia (-2000, -1520), les Chinois utilisent pour leurs observations
le système équatorial, centré sur le pôle.
Le ciel est divisé en quartiers d'orange ou maisons lunaires (Xiu),
contenant les différentes constellations. Cette technique sera adoptée
par Tycho Brahe en Europe au XVIe siècle.
Il
faut comprendre que l'observation de la voûte céleste était
avant tout nécessaire à l'élaboration des calendriers.
Les anciennes sociétés agricoles observaient les cieux avec
une extrême attention afin de déterminer les meilleures dates
pour les semis et les récoltes. La lune et le soleil avaient une immense
influence sur la vie des hommes. Les maisons étaient orientées
de façon à assurer le confort de leurs habitants été
comme hiver, et à exploiter au mieux la lumière et la ventilation
naturelles. L'astronomie faisait partie
du quotidien : les villes nétant pas éclairées,
il suffisait de lever la tête pour s'abîmer dans la contemplation
des étoiles. Cette connaissance intime du ciel s'exprimait dans les
adages populaires. Un exemple parmi tant d'autres : pour décrire deux
personnes que rien ne destinait à se rencontrer, les poètes
des dynasties Tang et Song utilisaient volontiers l'expression « aussi
éloignés que Can et Shang » (deux étoiles placées
aux extrémités de la voûte étoilée, qui
nétaient jamais visibles en même temps).
L'astronomie
fut ainsi l'un des premiers domaines de recherche scientifique à apparaître
dans l'histoire de la bureaucratie chinoise. Le premier observatoire impérial
fut établi en 2000 avant notre ère. Létude des
constellations prit tellement d'importance qu'au IIIe siècle avant
J.-C., l'observatoire de la cour impériale des Qin n'employait pas
moins de 300 personnes. L'astronomie a en Chine toujours été
hautement considérée, quelle que soit la dynastie, et chaque
époque a produit de brillants scientifiques.
La
projection Mercator (Xe siècle ap. J.-C.)
Gerhard Kremer (1512-94), mathématicien et géographe flamand,
qui travailla sous le nom latin de Gerardus Mercator, publia la première
carte de son invention, une carte de navigation, en 1568.
La carte de Mercator est en fait une projection cylindrique. En enserrant
un globe terrestre contenant un projecteur dans un cylindre creux, on obtient
une projection Mercator sur la surface du cylindre. L'Equateur devient une
ligne droite partageant la projection et seule la région équatoriale
reste à son format propre ; le haut et le bas de la carte sont plus
ou moins déformés. Ce type de carte n'a guère d'intérêt
pour le voyageur terrestre, mais il intéresse les marins, car les lignes
maritimes y apparaissent comme des lignes droites, plus commodes que les courbes
que rendraient les autres cartes, à partir d'un même trajet (évidemment
rectiligne sur le globe).
La
projection cylindrique était d'usage en Chine des siècles avant
Mercator. Une carte du ciel manuscrite, datant de 940 après J.-C.,
conservée à la British Library à Londres, représente
le globe céleste, développé, mis à plat, selon
le système de la projection cylindrique. Les Chinois divisaient le
ciel en 28 sections appelées Xiu, structurées en quartiers d'orange.
C'étaient les "maisons lunaires ", ou stations de la Lune
dans sa course à travers le ciel, avec le pôle pour centre.
Vingt-huit est également le nombre de jours que met la Lune pour effectuer
son cycle. Chaque "maison lunaire" est égale à un
jour, ce qui montre bien que ce choix de 28 sections n'est pas arbitraire.
Sur la carte céleste décrite, les Xiu sont représentés
sous la forme de longs rectangles centrés sur l'Equateur et déformé
aux pôles.
Un
siècle et demi plus tard, en 1094, Su Song publia des cartes
en projection " Mercator " dans son livre Nouveau plan de sphère
armillaire mécanique et de globe céleste. L'une d'entre
elles est partagée en son milieu par la ligne de l'Equateur surmontée
de l'arc indiquant l'écliptique. Les rectangles des "maisons lunaires
" sont clairement dessinés. La répartition des étoiles
est nettement plus compacte aux environs de l'Equateur. Ces deux cartes du
ciel en projection " Mercator ", publiées par Su Song, ainsi
que deux autres cartes qu'il fit en projection polaire, sont les plus anciennes
cartes célestes publiées au monde.
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