Si Jean et Françoise Caumont ne sont devenus gérants de l’auberge qu’en 2002, ils ne sont pas pour autant nouveaux dans le village puisque leurs enfants y étaient scolarisés quand ils étaient propriétaires pendant douze ans du restaurant du Moulin d’Alotz à Arcangues. Très attachés à l’animation du bourg, ils ont tenu récemment le stand de crêpes au carnaval, préparé l’axoa pour la fête de l’école et participent chaque année au loto, kermesse et fêtes estivales. L’établissement appartient à Jean-Louis Belmar, directeur de la maison de retraite Egoa, qui leur sous-traite la préparation des repas de ses pensionnaires. « Je dois composer des menus très équilibrés, avec des légumes tous les midis et des féculents le soir, pour qu’ils tiennent entre 18h et 8h du matin. Ils adorent les douceurs, je leur prépare des desserts, goûters et gâteaux d’anniversaire. Et je dois prendre garde à ne pas oublier les croissants du dimanche, sinon je me fais rappeler à l’ordre ! » explique Jean Caumont qui suit régulièrement des formations HACCP relatives à l’hygiène des aliments et paye un laboratoire qui effectue des contrôles tous les deux mois et procède à des analyses bactériologiques par sondage. La réglementation est de plus en plus contraignante, et il faut investir chaque année dans de nouveaux matériels. Le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) vient chercher une dizaine de repas chaque jour pour les livrer à domicile à des personnes âgées. L’auberge fournit également des repas pour les jeunes du centre de loisirs, chaque mercredi et durant les vacances.
Cette diversification vers les collectivités est menée en parallèle avec la restauration traditionnelle de l’auberge. D’une capacité de 35 à 40 couverts, elle draine chaque midi les actifs des environs, et notamment ceux de l’Espace Entreprises du Golf, à seulement 2,5 km de là. Ouverte également deux soirs par semaine, vendredi et samedi, l’ancienne clientèle du Moulin d’Alotz et même celle du Kaïku à Saint Jean de Luz où ils ont travaillé dix ans leur sont demeurées fidèles. « Un restaurant gastronomique, c’est beaucoup de stress. Désormais, je compose le menu de midi en faisant mes courses le matin, et je suis mon inspiration en achetant des produits frais de saison » explique Jean en souriant à son épouse qui pense qu’un peu de préparation lui procurerait plus de tranquillité d’esprit. Comme lui, elle se réjouit de ce rythme (relativement) plus tranquille : « Je me souviens de l’époque où je n’avais même pas le temps de donner le biberon au bébé, c’était des clients –qui n’attendaient que ça- qui s’en chargeaient ! Et j’exigeais des aînés qu’ils se dépêchent de dîner à 18h, avant le service du soir… » Et de préciser que c’était une chance qu’ils soient tous les deux de la partie, et qu’ils aient chacun choisi la vie qu’ils mènent : « Il est important d’aimer son métier pour en supporter les contraintes, et bien que nous travaillions ensemble, chacun a son secteur, lui les cuisines, et moi la salle. » Sportifs tous les deux, ils se détendent en parcourant toutes les pistes cyclables de la région, et Jean y ajoute la pratique de la pala et celle de l’aviron dont il apprécie le calme que procure la remontée de l’Adour en pleine nature.
Cathy Constant-Elissagaray

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Cathy Constant-Elissagaray, correspondante locale au journal Sud-Ouest pour les villages de Bassussarry et d'Arcangues

Article paru le 24/03/2007 : "Une auberge intégrée"