En avion

Nous avons quitté l’aérodrome de Parme sous les nuages et avons découvert Paris comme nous ne l'avions jamais vu, ciel bleu et horizon lointain, les contours nets, la Seine, la Tour Eiffel, la tour Montparnasse, mais 15°C de température, ça caillait !

Une foule colorée attend l’avion pour Pointe à Pitre. Le dépaysement commence déjà à Orly. Nous pénétrons lentement dans un avion à tête de marsouin, à deux étages, nous sommes plusieurs centaines de passagers à faire le voyage en même temps, et il y en a tout autant pour la Martinique, à la porte voisine. Les ailes sont immenses et souples, et nous cachent le paysage au-dessous.

Jean-Louis s’est installé près du hublot, et à ma gauche s’est assis un Guadeloupéen au physique de Camerounais qui entreprend d’éplucher méthodiquement tous les journaux des îles, y compris les pub et les pages sportives. Régulièrement, il consulte sa montre, visiblement pressé de retrouver ses pénates. Il a rangé au-dessus de lui une foule de poches remplies de cadeaux et en a gardé une entre ses jambes, faute de place. Il commence à ouvrir un paquet : il s’agit d’un lecteur de CD portable extra-fin. Lorsqu’il en a enfin compris le mode d’emploi, il sort une cassette de disques du chanteur d’opéra et de variétés italien aveugle, Andrea Boccelli, que j’apprécie également.

J’en profite pour lier conversation, et Georges nous fait part des meilleurs coins à visiter de la Guadeloupe, et nous décrit sa famille et ses goûts. Nous apprenons qu’il a fait le déplacement tout seul pour la France afin de voir un match de foot (pendant que sa femme restait pour s’occuper du fils de 12 ans et de l’aîné qui est en terminale et passe bientôt son bac, comme Sylvain). Il avait réservé sa place par internet et, arrivé au stade, on lui a refusé la validité de son inscription et il n’a pas pu y assister. Il ne s’est quand même pas ennuyé pendant ces quinze jours tout seul et a trouvé à s’occuper, mais c’était enrageant d’avoir fait tout ce chemin pour faire chou blanc !A la fin du vol, il nous invite à l’appeler pour dîner un soir de la semaine chez lui. Nous acceptons avec joie.