Pointe
à Pitre
Une bouffée d’air chaud nous enveloppe dès le passage dans la gaine d’accès à l’aéroport de Pointe à Pitre.
Nous avons pris la précaution
d’enlever pull, veste et foulard, qui nous protégeaient des méfaits de l’air
conditionné dans l’avion, mais le choc est rude. Le ciel est nuageux, heureusement,
et tamise un peu la luminosité du soleil.
Un
chauffeur de taxi s’avance vers nous, je commence à expliquer notre destination,
alors qu’un autre homme plus âgé s’avance, le premier se dérobant avec un
sourire : l’altercation est courte, mais nous sentons qu’il n’avait
pas intérêt à « voler » la clientèle (sa voiture était située
derrière celle de l’autre dans la file).
L’air
embaume à travers les vitres entrouvertes (le taxi n’a pas l’air conditionné) :
j’ai l’impression d’être dans un bain d’odeur de chèvrefeuille. La laideur
et la dégradation des immeubles et des maisons nous saute au visage, pendant
que notre véhicule fonce sur les voies rapides qui entourent Pointe à Pitre.
Par contre, au fur et à mesure que nous nous en éloignons, nous découvrons
l’exotisme de la végétation, les grands palmiers chargés de noix de coco,
les manguiers aux feuilles comme de grandes mains vert foncé aux fruits
plus clairs de la taille du citron jusqu’à celle d’une citrouille, les bougainvillées
mauves, roses, rouges, oranges et blancs. Nous en prenons plein les yeux,
pendant que je relève mes cheveux en chignon pour qu’ils me tiennent moins
chaud.

