Les plages et les poissons

Le mardi, nous nous dirigeons d’abord à Sainte Anne, où se situe la magnifique plage du Club Med’. J’essaye mon masque et tuba et tente de comprendre l’utilisation de l’appareil photo étanche jetable que j’ai acheté pour l’occasion. Les fonds ne sont pas passionnants, principalement un herbier sur du sable et un peu de coraux, avec des poissons minuscules dont les couleurs se fondent dans l’environnement ou bien qui sont presque translucides. Je nage dans cinquante centimètres d’eau et parfois même moins : il me faut passer d’un bassin à l’autre en marchant sur les mains pour avancer en rentrant le ventre au cas où il y aurait des anémones de mer ou des oursins !

Puis en passant par Saint François, nous voyons un moulin à vent, qui servait autrefois à presser la canne à sucre pour en extraire la mélasse et nous atteignons la Pointe des Châteaux, où nous nous prenons une averse mémorable qui nous oblige à nous réfugier dans le seul restaurant du coin, isolé au milieu des rochers. Nous y goûtons un de ces jus de fruits exotiques merveilleux, aux noms mélodieux : maracudja, mangue, papaye, goyave, etc. Je demande une portion d’acras de morue, le serveur m’en apporte une assiette pleine : ils me donnent soif l’après-midi durant ! Après l’averse, nous jetons un coup d’œil rapide sur le site balayé par des rafales de vent froid et les vagues sur les rochers. Il ressemble à chez nous. Nous le quittons pour voir la côte sous le vent. Nous passons par les Abymes, Vieux Bourg, et arrivons à Port Louis où le soleil nous attend : plage bordée de cocotiers, de calpatas (arbres à fleurs rouges qui donnent des baies vénéneuses) et de raisiniers (arbres à feuilles caoutchouteuses rondes et petites fleurs qui donnent des raisins rouges succulents, paraît-il, vers le mois d’août), mer limpide et calme, tout incite à la détente. Les coraux sont à trois mètres du rivage, à faible profondeur, je me régale à regarder le monde sous-marin. Jean-Louis s’énerve avec son tuba, je lui montre comment le fixer, mais il profite moins que moi du paysage car il est obligé d’ôter ses lunettes pour enfiler le masque, alors que moi, je garde mes lentilles ! Il se décourage assez vite car il distingue peu de poissons et retourne lézarder sur la plage.