4/09/98 - RECHERCHE DOCUMENTAIRE : ZONE HENDAYE - CAPBRETON

BIBLIOGRAPHIE : Connaître le Pays Basque - Georges Pialloux - Sud-Ouest
Ces populations littorales ont une vie imbriquée
avec la mer omniprésente. C'est une fascination même pour le
paysan du piémont qui ressent l'appel du grand large. La pêche
était une nécessité pour survivre ; il y a moins d'aléas
à labourer la mer que la terre, il ne faut plus semer, mais récolter.
Et puis il y a eu la grande aventure des mers froides où l'absence
se comptait en mois, voir en années. Parfois il fallait embarquer canons
et mousquets pour défendre son aire de travail. Rude apprentissage
mais utile tout de même car ces mêmes Anglais ou Hollandais se
retrouvaient à faire le blocus des côtes basques. Le marin pêcheur
devait se transformer en corsaire, souvent sur le même bateau et accomplir
avec panache son rôle de combattant qu'il faut bien se garder de confondre
avec la flibuste.
Ce dernier s'est forgé une légende dans les îles des mers
du Sud pillant nour son propre compte et finissant le plus souvent pendu au
bout d'une corde. Le corsaire était un guerrier dans toute l'acception
du terme, il fallait une "lettre de marque" à durée
déterminée pour prendre la mer, se battre pour arraisonner un
navire ennemi, le mener dans un port et le faire déclarer de bonne
prise, vendre la marchandise. En cas de fortune contraire le corsaire prisonnier
était parqué sur un ponton anglais en attendant d'être
échangé. Il y avait là un acte de bravoure doublé
d'un profit commercial puisque même les navires pouvaient être
réarmés, l'artillerie étant toujours aux frais de l'Etat.
Basés à Bayonne ou à Saint-Jeande-Luz, les corsaires
luziens couraient toutes les mers du globe et surtout celles des Antilles.
Le golfe de Gascogne avait été qualifié par les marins
de sa Gracieuse Majesté orfèvres en la matière) de "nid
de vipères". Un fameux hommage aux Harismendy, Dargaignaratz,
lbagnette, Pellot Montvieux et autres braves anonymes ensevelis dans la mer
cruelle ou pourrissant sur les pontons anglais. Sans oublier les 1500 marins
basques qui ont contribué en 1781 à la victoire de l'Indépendance
américaine, Yok-Town sous les ordres de Rochambeau et La Fayette.
C'est un jeu très ancien, les Grecs s'y adonnaient
et les Mayas aussi, avec cette différence qu'eux connaissaient le caoutchouc
; il semble qu'ils y jouaient avec les hanches.
Dans nos contrées la pelote est devenue une institution nationale au
point de désigner un terme générique. Il y a des spécialités
avec autant de règles particulières.
La Pelote
Un noyau central en gomme entouré d'une couche plus ou moins épaisse
de fil de laine, le tout recouvert de cuir, peau de chien ou de chèvre.
Elles sont faites par des artisans et certaines coûtent très
cher.
La taille est inférieure à celle d'une balle de tennis, pour
un poids allant de 90 à 120 grammes.
Il en existe aussi en gomme noire, très vive pour jouer à pala
ancha.
Un peu d'histoire
Le vrai jeu, celui de base, est sans artifice : c'est le jeu à main
nue. Il a des inconvénients : la douleur dans la paume de la main,
rituellement appelée "le clou" au point d'empêcher
de jouer. A la longue la main s'épaissit, se couvre de callosités
et souvent elle éclate provoquant de profondes fissures interdigitales,
sanguinolentes et douloureuses. Elles permettent de reconnaître le pelotari.
Après un match très disputé il arrive que le champion
urine du sang sans que l'on ait su le pourquoi de cette extravasation de globules
rouges.
Pour remédier à ces inconvénients, au siècle précédent,
les joueurs fixèrent un épais gant de cuir avec des lacets autour
de la main, c'est ainsi que l'on joue à Pasaka.
En 1858 un gamin de Saint Pée sur Nivelle, Jean Diturbide dit Gainchiqui
eut l'idée de se servir d'un panier tressé servant à
ramasser les fruits (dit txistera) pour le fixer à la main comme le
gant de cuir, et de renvoyer la balle. Ces paniers étaient courts et
plats.
En 1887, après une fracture du poignet, Melchior Gurucéaga de
Renteria, ayant perdu la force de son poignet, fit faire un panier plus long,
plus creux pour effectuer des revers en s'aidant de l'autre main. Ce chistera
fut baptisé "cesta Mauser", du nom du fusil allemand. Le
grand chistera était né.
Avec le petit chistera dit "yoko garbi" ou jeu propre, il est impossible
d'arrêter la balle, le panier ne comporte pas de poche, il faut la relancer
aussitôt, elle glisse comme dans la paume de la main ; le jeu est dit
"limpio". - Tandis que dans le grand chistera, à cause de
cette importante poche, il faut arrêter la balle, la fixer, faire un
pas et la relancer de tout le corps. Sauf à cesta punta, jeu très
rapide, où la balle est prise par la pointe du ceste et repart en glissant
; sa vitesse avoisine les 210 kilomètres/heure.
Les accessoires
En bois : les palas
- la pala ancha à pelote gomme ou encore paleta argentine.
- la paleta, en forme de massue plus épaisse en bout, se joue avec
une petite pelote cuir.
- La grosse pala, en forme de massue, se joue avec une grosse pelote de cuir.
Les paniers d'osier ou chisteras appelés aussi "gants".
- Le petit gant déjà cité *ou Joko Garbi se joue limpio
(sans retenir la pelote).
- Le grand gant qui mesure de 60 à 80 cm avec une poche ventrale.
Il existe enfin une petite raquette qui au lieu de cordes possède un
filet, c'est le saré (prononcer charé) qui se joue en trinquet.
Quant au gant tout cuir déjà cité, c'est le jeu dit Pasaka
qui se joue face à face.
BIBLIOGRAPHIE : Connaître le Pays Basque - Georges Pialloux - Sud-Ouest
Généralités
Touyas = fougères + bruyères + ajoncs
Cromlechs : principalement dans les Pyrénées (pas dans la plaine)
exemple : Cromlechs d'Okabé
Moutons de race "manech" (avec des congés) élevés
pour leur laine et le lait de brebis (fromage fabriqué par les bergers
dans les cayolars - bergeries)
Itoiz : groupe de rock basque et aussi nom de la rivière née
dans les gorges d'Iraty et qui se jette en Méditerranée.
Benoîte : gardienne de la chapelle et sonneuse de cloches.
Nive (nieve = neige) : nom des torrents aux Aldudes.
Histoire
Contes populaires : Aïtor, le père des Basques, Compagnon
de Noé, se retrouve saint et sauf ici et engendre avec Pyrène,
divinité montagnarde, le peuple basque.
Le Pays basque est habité par l'homme depuis au moins 40 000 ans (vestiges
de la grotte d'Isturitz) pendant l'ère glaciaire.
Celtes ou pré-celtes : mots en "our" (Adour) = présence
de l'eau.
134 av. J-C : Invasion des Romains pendant 5 siècles " Novempopulanie
" (Les neuf peuples) : les basco-aquitains, qui sont différents
des Gaulois et Celtes et davantage semblables aux Ibères. Construction
notamment de la route Bordeaux-Astorga.
413 ap. J-C : Wisigoths (capitale : Toulouse) - 507, battus à Veuille,
se replient en Espagne (Tolède), où attaquent la tribu des Baronnes
(peuple des hauteurs - bar = hauteur) dans la région de Huesca d'où
ils chassent les Vascons.
560 : *Vasconie" créée en Aquitaine : pays des Vascons
- à l'origine des mots "basques" au sud et "gascons"
au nord
15/8/778 : Empereur Charlemagne battu à Roncevaux (Roland) au col d'Ibañeta.
Géographie
7 provinces au Pays Basque : Guipuzcoa (San Sebastian), Biscaye (Bilbao),
Alava (Vitoria), Navarre (Pamplona) en Espagne + Labourd (Bayonne), Basse
Navarre (St Jean Pied de Port) et Soule (Mauléon) en France.
Nota : Bayonne est la capitale du Labourd seulement depuis la Révolution
Française. Avant, le Biltzar (Assemblée des notables) se réunissait
à Ustaritz. Le Labourd a été occupé par les Anglais
jusqu'en 1453.
De la chasse à la baleine au surf.
Bien que située dans un passé lointain,
la chasse à la baleine a profondément marqué la vie biarrotte,
comme celle de tous les ports de la côte Cantabrique (Hendaye, Fontarrabie,
Orio, Ondarroa). C'est dire que cet animal légendaire occupe une place
de choix dans l'âme et l'histoire basques.
Chaque baleine pesant autant que cinquante éléphants, lorsque
l'une d'elle s'échouait sur la grève ou était ramenée
au port c'était une aubaine pour nos populations. Chaque animal apportait
35.000 kilos de viande, il en était tiré 30.000 kilos d'huile,
des fanons pour les corsets, de la peau pour en faire des cordes et jusqu'aux
os qui servaient, les vertèbres comme sièges et les côtes
comme poutres. Sans compter la langue, morceau de choix destiné soit
à l'évêque de Bayonne soit au roi (de France ou d'Angleterre
selon l'époque).
Les Basques avaient créé des réseaux commerciaux, à
preuve, au VIIe siècle, une facture de l'abbaye de Jumiège pour
de l'huile fournie.
Il y eut des périodes fastes où les municipalités durent
prendre des arrêtés interdisant aux particuliers de fondre les
graisses en ville dans des fours particuliers à cause de l'odeur !.
II y en eut de moins fastes, les baleines se raréfiant par réflexe
de défense, il fallut les pourchasser dans l'Océan Arctique,
au-delà du Groenland. Mais là les marins basques se heurtèrent
aux intérêts des Anglais et des Hollandais qui nous interdirent
de faire des fours à terre. Heureusement un capitaine luzien du nom
de Sopite, vers 1647, eut l'idée de monter des fours à bord.
Il y eut enfin des époques néfastes où
il fallut se reconvertir ; faute de baleines nos marins trouvèrent
à Terre Neuve des bancs de morues qui assurèrent la richesse
du Pays basque jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, pour
la bonne raison que l'Europe chrétienne devait respecter 140 jours
de jeûne par an, et l'Espagne musulmane ne consommait pas de porc. Il
y avait là un créneau qui fut habilement exploité jusqu'à
ce que la morue devenue trop chère à causes de multiples taxes,
disparaisse des tables du commun des mortels. Les embarquements se faisaient
à Saint Jean de Luz et Bayonne.
Ce phénomène de reconversion sera réussi une première
fois fin du XIXe siècle par la pêche à la sardine. Puis,
à notre époque, grâce à la vapeur et au diesel,
par l'anchois et enfin le thon.
Le port vieux
Dans cette anse abritée venaient autrefois s'échouer sur le
sable les barques allant à la chasse à la baleine. Ces animaux
étaient tirés au sec sur la grève pour y être dépecés.
Maison "Etxe" : En Labourd, le toit est asymétrique
: le pan le plus long est tourné vers le vent d'ouest dominant et abrite
en plus l'étable. Eglise souvent à fronton "trinitaire".
La pelote basque est un jeu très ancien déjà pratiqué
par les Grecs et les Mayas. La différence est dans la fabrication de
la balle - sans caoutchouc pour les basques - (noyau de gomme entouré
d'une couche plus ou moins épaisse de fil de laine, le tout recouvert
de cuir - peau de chien ou de chèvre) -
Biarritz
La Grande Plage : autrefois, "Plage des fous"
Le Port-Vieux : anse où les barques venaient tirer les baleines pour
les dépecer. Quand les baleines ont disparu du golfe de Gascogne, les
pêcheurs ont pêche la morue (jusqu'à Terre-Neuve), puis
la sardine, les anchois, le thon.
Pointe St Martin (phare) : premier promontoire rocheux depuis la Loire.
Guéthary
Amer ou point d'amure : Le mur-fronton de l'église de Guéthary
("guetaria" = tour du guetteur).
Courteline est de Guéthary.
Saint Jean de Luz
("Donibane Lohitzun" = St Jean des marais)
9/6/1660 : Mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne à la suite
du traité des Pyrénées (Mazarin) qui met fin à
la guerre France/Espagne.
Eglise la plus grande du Pays Basque avec 3 étages de galeries (innovation
de Monseigneur d'Echaux pour éviter de pousser les murs) pour les hommes
- refaites sous Napoléon III.
Ancien nom de la Nivelle : Urdaxuri (eau qui vient d'Urdax, en Navarre).
Ascain
Sur la route romaine Bordeaux/Astorga.
Pierre Loti y écrivit "Ramuntcho".
Hendaye
Eglise St Vincent : Base de la croix hors église gravée du soleil,
de la lune et des étoiles, les 4 A représentant les évangélistes.
Château d'Abbadie construit sous Napoléon III par Viollet Leduc.
1917: premier pont en dur entre la France et l'Espagne. Avant, passage sur
des barques plates maniées par des femmes au "pas de Béhobie"
ou au prieuré de Subernoa.
Urrugne
Cadran solaire sur l'église à la devise " Toutes blessent,
la dernière tue ", qui inspira Théophile Gauthier pour
son sonnet "L'horloge".
Maison forte d'Urtubie (Tristan) - 1463, y séjourne Louis XI.
Espelette
Piment rouge - Foire au pottok.
Aussi incroyable que cela puisse paraître
il n'y a pas eu de pont en dur entre les deux pays jusqu'en 1917 où
les Espagnols en construisirent un à côté de celui du
chemin de fer datant de 1864. Le passage se faisait par des barques plates
maniées le plus souvent par des femmes, à la hauteur du prieuré
de Subernoa ou au passage dit "pas de Béhobie". Les seuls
ponts provisoires ou de bateaux étaient dus aux pontonniers militaires
chaque fois qu'il y avait des expéditions importantes montées
d'un côté ou de l'autre de la Bidassoa.
Ainsi fut fait en 1659 pour l'île de la Conférence où
le cardinal Mazarin "l'athlète de la diplomatie" rencontra
Don Luis de haro "l'athlète de l'astuce", les deux protagonistes
du Traité des Pyrénées. Les baraques, décorées
par Velasquez étaient encore en état l'année suivante
pour le mariage consacrant ce traité.
A propos de cette île des Faisans, "plate comme une sole"
notait Stendalh, où il n'y a pas de faisans mais des canards d'après
Hugo, en réalité il faudrait écrire : "faisants",
car c'est là que se faisaient les traités de bonne correspondance
entre la France et l'Espagne.
Elle est le plus petit condominium au monde, appartenant six mois à
l'un et l'autre pays ; le "gouverneur" français est traditionnellement
le Commandant de la base de la Station navale de la Bidassoa.
Le
passage obligé entre le pont de Saint-Jean-de-Luz et la frontière
redoutable honneur sur la voie des invasions. Il était contrôlé
par la maison forte d'Urtubie où se distingua le fameux Tristan. Là
descendit en 1463, Louis XI "l'universelle araignée" cherchant
à agrandir "son pré carré".
Marie d'Urtubie, une femme de caractères.
En 460 Jean de Mont-Réal, seigneur Navarrais, un damoiseau de 18 ans,
accompagnant son père Juan Ibañez, venu épouser en seconde
noce Domilia, héritière d'Urtubie, tomba amoureux de la donzelle
Marie et l'enleva, sans autre forme de procès. Il l'épousera
avant la fin de l'année et en eut deux enfants : Louis et Louise. Survient
Louis XI et sa cour ; le jeune marié, ébloui, se laisse emporter
dans la nébuleuse du roi et gagne Paris où il sert dans la bande
des Cent gentilhommes du roi et, après le décès de celui-ci
en 1483 il suit Charles IX à la conquête du royaume de Naples
(1494), sans jamais donner de ses nouvelles à la bouillante Marie qui
l'attendait au château. Lasse de filer la laine elle se laissa conter
fleurette par le beau Rodrigo de Gamboa d'Alzate avec lequel elle fila le
parfait amour. Se pensant veuve et arguant de son enlèvement avant
mariage, elle épousa en bonne et due forme en 1469 ce vaillant Navarrais
sans que les autorités civiles ni religieuses d'Urrugne y voient un
quelconque inconvénient. A la sortie de l'église elle n'en était
pas pour le moins bigame, ce qui ne la troubla nullement : elle donnera six
enfants à son nouveau seigneur.
Ce n'est qu'après le décès de celui-ci (1493) soit 33
ans après son départ que le premier époux se manifesta
lorsqu'il s'agit de l'héritage ! Il le demanda pour son fils Louis.
Il fallut un arrêt du Parlement de Bordeaux en 1497 pour qu'il puisse
récupérer sa femme et le château. Mais ce n'était
pas connaître la fougueuse Marie qui utilisa la tactique de la terre
brûlée, fit raser le château et partit finir ses jours
Tra Los Montes, en Navarre, chez sa belle famille où elle décédera
en 1505.
Le jeune Louis, qui avait déjà rejoint son père à
la cour de Charles VIII dont il était échanson en 1489, obtint
de Louis XII l'autorisation de reconstruire le château, ce qui n'eut
pas le don de plaire aux Gamboa qui dépêchèrent des troupes
pour empêcher l'exécution des travaux. Il s'ensuivra guérillas
et procès jusqu'en 1574 où les deux belles mères (et
veuves précoces), des deux côtés firent épouser
Jean d'Alzate et Aimée de Montréal d'Urtubie au prénom
prédestiné. Comme dans les contes de fées, ils vécurent
heureux et eurent un fils, Tristan qui devint lieutenant colonel de la Milice
du Labourd, une force d'intervention qui lui permit de se tailler une solide
réputation de caractériel, qui s'est propagée jusqu'à
nous.
Ustaritz
Ancienne capitale du Labourd, elle fut la patrie des frères Garat dont
l'un, ministre de l'intérieur, lut la sentence de mort au roi Louis
XVI.
Ville aux 7 frontons, centre de culture basque, c'est là que pour la
1ère fois fut cultivé le maïs. Elle est située dans
la vallée de la Nive (entre Bayonne et St Jean Pied de Port, rivière
entièrement basque - Labourd et Basse-Navarre).
Saint Pée sur Nivelle
Forêt de St Pée.
Procès de sorcellerie dirigés par le Conseiller de Lancre, qui
fit brûler dans la cour du château 300 sorcières, curés
compris.
1793, château incendié par une troupe espagnole.
Les maisons labourdines ont un rez-de-chaussée
en pierre et les étages faits de poutres de chêne avec rempliage
de torchis (tapia) ou briques, souvent à encorbellement. Colombage
brun ou rouge " sang de buf " (Stendhal) car teint effectivement
autrefois avec du sang de buf (bon colorant).
BIBLIOGRAPHIE : Histoire de Capbreton " Maurice Carrière - Editions Résonances Bibliothèque d'Anglet
Histoire
Outillage néolithique autour de Dax, mégalithes
à Castets, tumuli à Soorts.
Capbreton existe déjà au temps des Romains (56 av. J-C - 4ème
siècle ap. J-C) au sein de la Novempopulanie. Une voie romaine la traverse
"le chemin bayonnais".
"Caput Bruti" ? de Brutus, neveu de Caton, envoyé là
par César après la bataille de Pharsale. Elle est à l'embouchure
de l'Adour à l'époque gallo-romaine.
670 : Invasion des Vascons depuis les Pyrénées qui créent
la Vasconie (Gascogne) devenue indépendante (nom à l'origine
des Gascons et des Basques) (cf. page l).
Xème-Xïlème s :
907, le port de l'Adour est obstrué par les sables à la suite
d'une grosse tempête. L'Adour se déplace vers le nord.
930, elle est de nouveau le port de l'Adour et subit une attaque de pirates.
1137. Aliénor d'Aquitaine épouse Louis VII, roi de France.
1152. Divorcée, elle épouse Henri Plantagenet, roi d'Angleterre
en 1154. L'Aquitaine (dont Capbreton) devient anglaise pour 300 ans.
1164. L'Adour se déplace vers Bayonne.

Activités à Capbreton :
Pêcheurs
:
- à la baleine (elles pullulent dans le golfe de Gascogne)
- et aussi pêche côtière et dans l'Adour et les lacs
Ils offrent à l'Eglise des langues de "balènes et balénons"
(morceaux de choix).
Naufrageurs : "A varech !" "Droit de Vraicq" : le premier
arrivé sur le lieu du naufrage est le mieux servi.
(Il y a de nombreuses tempêtes dans le golfe)
Les "Cagots" ou "Gahets de la Punte" : création d'un ghetto à la Pointe (quartier de Capbreton situé sur la bande de terre et de sable entre l'Adour et la mer) où sont concentrés au départ les Goths qui conservent leurs coutumes et leurs lois, puis les malades, infirmes, juifs, arabes, sorciers...
Jusqu'au XIIIème s. végétation de gourbet ou oyat.
Antagonisme avec Bayonne.
1302. Pellegre, maire de Bayonne, décrète que l'Adour dépend
de Bayonne et taxe toute pêche et cargaison sur la rive gauche. Capbreton,
sur la rive droite, obtient du tribunal la franchise.
1329. Edouard III, roi d'Angleterre, concède le bailliage de Capbreton
/ Labenne à son écuyer, Pierre de Saint Martin, ancêtre
des futurs barons de Capbreton.
Ordre des Templiers, fondé en 1119, possède à Capbreton
la chapelle du Bouret et une Commanderie au centre du bourg détruite,
sur les fondations de laquelle a été édifié l'hôtel
des postes. Un trésor y serait enfoui.
La Hire ou Etienne de Vignolles, né dans les Landes, capitaine pour
les Sires d'Albret, puis pour le roi de France. C'est le Valet de Cur
de nos jeux de cartes.
Vers 1392, 100 ans avant Christophe Colomb, les basco-landais découvrent
l'Amérique en pêchant la baleine et la morue à Terre Neuve,
au Canada et Nouvelle France.
A l'embouchure du St Laurent est située " l'île de Capbreton
" (près de la Nouvelle Ecosse). Ils étaient sous pavillon
anglais, mais tout l'équipage était français avec pour
capitaine Cabarrus, de Capbreton.
1561. Charles IX décide le détournement de l'Adour au profit de Bayonne. En fait, c'est à la suite des guerres de religion que Catherine de Médicis veut "ennuyer" les D' Albret (futur Henri IV).
1572. Les travaux du Trossoat sont confiés à Louis de Foix
: Barrage du cours de l'Adour à l'ouest de Bayonne pour le déverser
dans le canal de débouquement vers la mer.
27/10/1578, grâce à une tempête, l'Adour est détourné.
3/9/1579, une brèche se fait dans la digue, l'Adour a deux embouchures : Capbreton et Bayonne.
Fin XVIème s., l'Adour a 3 ports :
- le Boucau-Neuf de Bayonne
- le Plecq de Vieux-Boucau
- le Gouf de Capbreton
1617. Dans l'Atlas de France, Capbreton est appelée "Boucaou de
Diou", la bouche de Dieu, car elle est au confluent de l'Adour et du
Bouret.
1619. Creusement du canal du Boudigau (nom d'un des volontaires "stakhanovistes") pour évacuer vers le Gouf les eaux stagnantes et pestilentielles du Bouret et des étangs d'Irieu, Orx, Garosse et Tarnos.

Origine du jambon de Bayonne
Le
cochon, laissé à lui-même, devient sauvage "cochon
de bois" (noir, poil dressé et fort, oreilles droites, plus petit
et trapu que le domestique et plus féroce) : il se rapproche du sanglier.
Il mange des glands, châtaignes, serpents, moules, huîtres de
marais. Sa chair est plus sombre mais plus délicate et plus digeste
que celle du domestique.
Droit de glandage (Dispute entre Labenne et Capbreton, entre propriétaires et braconniers, entre communes) L'animal surpris à braconner peut être abattu sur place.
XVIIème, XVIIIème s. Chute de Capbreton, dépopulation, ensablement du Boudigau, inondation de Capbreton jusqu'à Labenne, marais stagnants, eaux insalubres, insectes et maladies. Malgré tout, le port de Boucau-Neuf à Bayonne reste toujours dangereux (naufrages, échouements), les marins préfèrent le Gouf à Capbreton, deux siècles après le détournement de l'Adour.
1720. Essai de semer des graines de pin. Pour améliorer, Guillaume
Desbiey a l'idée de joncher le sable des dunes de branches de pin.
Brémontier, en 1780, s'en inspire et c'est la réussite.
1820. Il y a encore des battues de loups dans les Landes.
1827. Semis des dunes à Capbreton et assèchement des marais.
1842. 490 ha de forêts de pins à Capbreton, annexés par l'état (usurpation de propriété).
1856. 700 000 ha de landes incultes et malsaines sur 936 000 ha.
11/9/1858. Napoléon III visite Capbreton et ordonne la construction
du port.
19/9/1859. 2ème visite de Napoléon III avec Eugénie
depuis Biarritz par mer sur son yacht "L'Aigle".
26/9/1862. 3ème visite de Napoléon III par mer depuis Biarritz
dans 3 navires à vapeur. Visites dues à l'intérêt
de l'empereur pour Biarritz et pour le marais d'Orx, dont il veut faire un
éden (écoulement des eaux vers Capbreton).
Poursuite des travaux du port jusqu'en 1876.
1865. 122 000 ha drainés et asséchés.
1865. C'est la fin des travaux de boisement des Landes.
Parallèlement, travaux de drainage (chenaux à l'amont des ruisseaux
pour un meilleur écoulement).
1869. Début des travaux pour relier l'étang d'Hossegor à la mer par un canal (5 ans de travaux)

Alimentation et revenus à Capbreton jusqu'au XVIIIème siècle
:
- porc (lutte de la municipalité aux alentours de 1800 pour empêcher
les villageois de mettre les loges à cochons dans les rues, d'y mettre
tous les rejets domestiques et de laisser errer librement les cochons - morsures
-)
- maïs (un peu produit sur place, mais pas suffisamment)
- poissons
- les revenus proviennent également de la vigne (rien d'autre ne pousse
dans le sable), des pins (résine, bois), de la pêche et du commerce
maritime.
Le clocher de l'église de Capbreton sert d'observatoire et de repère
pour la navigation (amer). Frappé par la foudre en 1824, il est réparé.
- Végétation : oyats, chênes, chênes-liège
Pêche au XXème s.
Pibale (exportation en Espagne), sole, plie, turbot (il n'y a plus de baleines
ni de morues depuis le XVIème s.), parfois sardia, muge ou louvine.
Nota : Jusqu'au XIXème siècle, l'école
primaire (définie en 1789) n'existe pas. Il n'y a que l'instruction
religieuse, pour très peu d'enfants (absentéisme quasi permanent),
et pour un salaire de misère (fait office de greffier-secrétaire
de mairie en complément).
De même, la médecine est quasiment absente, et la place est laissée
libre aux rebouteux et autres guérisseurs.

HOSSEGOR
L'Adour a créé l'étang d'Hossegor
dans son virage à angle droit vers l'ouest pour se jeter dans la mer
à Capbreton.
Idem en 1360 (ou 1310), lorsque la tempête bouche l'embouchure, création
à Port-d'Albret (Vieux-Boucau) d'un bassin-rade identique : Fétang
de Moisan et le Pey de l'Ancré. Après détournement de
l'Adour en 1578, la rade s'est peu à peu obstruée.
Au XXème s. les artistes et écrivains "découvrent" l'étang d'Hossegor et s'y installent (nombreuses belles maisons tout autour et nom des rues).
7/9/98 - Réflexions sur le contenu des questions à poser aux participants du rallye :
Outre les questions techniques sur le plan astronomique (cadrans solaires, utilisation de la boussole, causes des marées ...), il peut être intéressant de poser des questions qui incitent à approfondir la connaissance géographique et historique de la région Landes-Pays Basque.
Eléments issus des sources bibliographiques ci-dessus :
Cette région est habitée depuis au
moins 40 000 ans (ère glaciaire, néolithique). La population
la plus ancienne paraît être celle des basques (études
linguistiques). S'y sont superposés : les Celtes ou pré-Celtes,
les Romains, les Wisigoths, les Vascons (à l'origine des mots basque
et gascon), les Francs avec Charlemagne, les Arabes, les Normands, les Anglais
(seulement administration, pas envahissement humain), puis les Français,
à la fin de la guerre de cent ans (1494).
Sa physionomie générale a été considérablement
transformée par les hommes. Au départ, les Landes étaient
globalement désertiques, autant sur le plan géographique qu'humain
: elles étaient constituées d'un immense triangle sablonneux
sur lequel une végétation éparse poussait, composée
de gourbet ou d'oyat, de chênes, chênes-liège, arbousiers,
frênes, aulnes, ormes, ajoncs et genêts, et la partie pyrénéenne
était couverte de forêts, de fougères et d'ajoncs.
La pointe St Martin (où est le phare actuel de Biarritz) est le premier
promontoire rocheux depuis la Loire. Le golfe de Gascogne est connu pour ses
énormes tempêtes qui remodèlent périodiquement
la côte. En outre, un courant marin nord-sud creuse les sables du plateau
continental en créant des baïnes (fosses perpendiculaires à
la côte créant un effet de succion vers le fond et le large)
et remue le sable côtier (retraits ou apports suivant les marées
et les saisons). D'autre part, les vents d'ouest dominent et soufflent parfois
également en tempête. Comme dans le Sahara, il y a donc des dunes
qui se déplacent sous l'influence des vents et où la végétation
ne se fixe que faiblement. Ces dunes constituent une barrière sur la
côte qui oblige les cours d'eau de faible débit à obliquer
vers le sud en les empêchant périodiquement de se jeter dans
la mer par l'ensablement des estuaires, d'où l'inondation des terres
derrière les dunes et la persistance de lacs, et zones marécageuses
malsaines. Même un fleuve à débit important comme l'Adour
(grossi de plusieurs affluents dont la Nive qui conflue au niveau de Bayonne)
a son cours détourné vers le nord et son embouchure varie plusieurs
fois au cours des derniers 2000 ans. L'embouchure la plus stable a toujours
été Capbreton (qui bénéficie également
d'une fosse marine -le Gouf- proche du littoral qui offre un calme relatif
pour la navigation), mais elle s'est déplacée à diverses
époques vers le nord (Port d'Albret - Vieux-Boucau) ou vers le sud
(en direction de Bayonne).
Des routes ont été construites par les Romains (principalement Bordeaux-Astorga, et également Bordeaux-Sanguinet-Capbreton-Dax-St Girons et le "Chemin bayonnais"), mais les communications s'effectuent souvent par voie fluviale, particulièrement le trafic commercial. Depuis l'Antiquité, Grecs et Phéniciens, puis Romains, remontent l'Adour pour s'approvisionner en résine, goudron et brai, et plus tard s'y ajoutent vins de Chalosse, blés de la Gascogne gersoise, bois de construction, eau-de-vie d'Armagnac, etc. Jusqu'à la fin du XVIIIème s" l'Adour est jalonné de nombreux ports fluviaux (Hinx, Mugron, Saint-Sever, Mont-de-Marsan, Peyrehorade, Dax, Saubusse, Port-de Lanne, Urt, Bidache, Guise. Une lutte pour la domination de ce commerce persistera durant des siècles, à partir du XIIème s. entre Bayonne (située à l'endroit où l'Adour effectue un angle droit pour remonter vers le nord) et Capbreton à l'embouchure du fleuve. Cette lutte sera remportée par Bayonne qui obtiendra du roi Charles IX, sous l'influence de Catherine de Médicis, et en raison des rivalités avec la famille d'Albret à l'issue des guerres de religion, le détournement de l'Adour et la création du port artificiel de Bayonne, qui subira de nombreux avatars avant de pouvoir être réellement fonctionnel (deux siècles plus tard, les bateaux continuaient d'accoster à Capbreton, tant étaient fréquents naufrages et échouages dans le port de Bayonne, aux fonds et berges non stabilisés).
La région, et particulièrement les
Landes, n'est pas propice à l'agriculture. Les principales ressources
proviennent de la pêche maritime et en eau douce, du commerce maritime
et fluvial et de l'élevage familial (mouton, porc, bovin, volaille).
Une grande partie des hommes est embauchée par la marine royale (anglaise,
puis française).
Dans le Golfe de Gascogne, il y avait 5 centres de pêche à la baleine : Capbreton, Guéthary, Biarritz, Saint Jean de Luz et Ciboure, qui tous possédaient une tour de guet. Il s'agissait de la Balaena Biscayensis, noire, tête courte, lèvres sinueuses, oeil très près de la commissure des lèvres, 16 mètres maximum (que l'on trouve encore dans les mers arctiques) et également la baleine franche (pêchée du XIIème au XIVème s., tant qu'elle restait près des côtes). Dès le début du XVème s., les pêcheurs du Golfe pratiquent la pêche hauturière et vont jusqu'à Terre-Neuve et le golfe du Saint Laurent au Canada pêcher la baleine et la morue. Il est vraisemblable qu'ils aient découvert à cette occasion l'Amérique un siècle avant Christophe Colomb (Ile de Cap-Breton face à l'embouchure du St Laurent).
Outre le détournement de l'Adour, voulu des siècles durant et obtenu par Bayonne en 1578 au détriment de Capbreton, d'autres modifications profondes s'effectuent au cours des siècles. La principale est le boisement et le drainage des Landes. En 1720, premiers essais pour semer des graines de pin. Pour améliorer, Guillaume Desbiey a l'idée de joncher le sable des dunes de branches de pin. Brémontier, en 1780, s'en inspire et c'est la réussite : le boisement, conjointement au drainage des cours d'eau, s'effectue tout au long du XIXème s. Les dunes sont fixées, les marais asséchés, les Landes assainies. Inconvénient lié à la monoculture et suppression de la végétation originelle, les pins sont attaqués par des maladies parasitaires (chenilles processionnaires, etc.) et des incendies se déclarent.








