Le Trou de Fer

Nous avons voulu épargner nos épidermes surchauffés et nous sommes allés nous promener en sous-bois. Céline nous a réveillé à 5h 1/4, et nous avons roulé 2 heures durant, en traversant toute une gamme de zones climatiques de l’île. Le paysage est très varié et changeant. Jean-Louis aime particulièrement l’étage « montagne à vaches et hortensias » (à partir du 19ème kilomètre et vers la plaine des Cafres), quant à moi, j’ai un faible pour les fougères arborescentes, et à la plaine des Palmistes, les montagnes en étaient couvertes. Après « 2ème Village » et une descente fort tortueuse, nous obliquons en direction de la forêt de Bebour, constituée de grands conifères sous lesquels sont aménagés des zones de pique nique, puis nous poursuivons jusqu’à la forêt de Belouve, très différente en empruntant une route forestière en plaques de béton durant plusieurs kilomètres, puis nous marchons jusqu'au lieu-dit "Trou de fer" par un sentier superbe à travers la forêt tropicale montagnarde, qui n'a rien à voir avec la végétation qui pousse en Guadeloupe (mis à part les fougères arborescentes).

Je note une petite remarque botanique à propos de ces plantes vénérables. La fougère arborescente a deux systèmes distincts de reproduction, qui coexistent : premièrement, au moyen devenu classique chez les fougères de spores bruns situés sous ses frondes, et en outre, elle dispose d’une reproduction végétative, par le biais d’un brachypode, qui est une ramification (sorte de branche) qui se détache, tombe et pousse sur le sol.

Deuxième remarque, en passant : il y a des fougères arborescentes femelles, et des fougères arborescentes mâles. Ceux sont celles aux plus gros troncs qui sont les femelles, les mâles ayant des troncs plus graciles.

Dans un passage un peu spongieux et marécageux, des troncs d’arbres et branches ont été jetés en travers du chemin pour nous faciliter la marche. Nicolas et moi remarquons une espèce qui paraît porter des signes cabalistiques réguliers. Ils sont marqués directement sur le tronc, et cachés par l’écorce apparemment. Comme il n’y en a pas de petits bouts transportables, j’en prends un en photo, comme souvenir.

Au retour, des petits oiseaux rouges fort bruyants se font la cour sans pratiquement prendre garde à ma présence. L’un d’eux paraît me narguer, et volète d’une branche à l’autre, de plus en plus près, après avoir mimé la becquée avec une copine (ou un copain ?). Fabienne me dit que certains serins changent de plumage au moment des amours, les mâles arborant des parures rouge vif. Cependant, il me semble que ceux-ci appartenaient à une autre espèce car tous se paraient des mêmes couleurs rutilantes.

J’aime me promener seule dans la nature : les groupes sont bruyants, et nous faisons fuir les autres êtres vivants, à moins que, trop occupés de nous-mêmes et de nos bavardages, nous ne sachions pas y prendre garde. J’ai beau ne pas marcher très discrètement, certains animaux sont indulgents et moins craintifs que d’autres et se laissent observer, à distance respectable cependant. Je me promets une fois de plus de faire l’acquisition d’un zoom plus puissant.

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