Boucan-Canot
Nous
descendons manger à Boucan-Canot, la plus belle station balnéaire de l’île,
aux dires de Céline, où nous avons déjà nos habitudes dans le petit snack
franco-chinois aux tables ombragées par des arbres et de grands parasols
et rafraîchies par la proximité d’une petite mare où nagent des poissons
rouges. Un fort vent d’ouest s’est levé, dégageant le ciel mais grossissant
les vagues. Seuls Cédric et moi nous hasardons dans la mer avec masque et
tuba. Il faut surveiller au loin les rouleaux qui se forment, contrôler
que les courants ne nous drossent pas contre les récifs ou que le creux
de la vague ne nous fasse racler du ventre les coraux où déambulent calmement
les poissons. Ils n’ont pas tous ces soucis, eux ! Ils se laissent
aller au gré des courants, hydrodynamiques et se déplaçant d’une simple
ondulation des nageoires et du corps. Je suis jalouse de leur aisance. Sans
palmes, j’ai l’impression d’être maladroite au possible en comparaison.
Nous
voulions le soleil, maintenant il ne va pas falloir se plaindre ! Je crains
cependant que le reste de la troupe ne prenne mal, à rester ainsi exposé
sur le sable. Nous décidons de changer de plage pour aller nous abriter
derrière la barrière de corail à la hauteur de La Saline. Nous avions repéré
les eaux claires et calmes à l’aller, et elles nous avaient fait envie.
Effectivement, cette fois, à part Céline et Jean-Louis qui s’abritent à
l’ombre des arbres, tout le monde va à l’eau, et je prends en photo avec
mon appareil jetable étanche les poissons colorés, coraux et oursins, grosses
limaces et immenses chenilles sous-marines. L'eau peu profonde a la température
de notre baignoire, nous y serions restés encore plus longtemps que les
deux heures et demie pendant lesquelles nous avons barboté, si nous avions
eu des masques plus confortables (à la longue, nos visages étaient marqués
comme au fer rouge par la succion du caoutchouc).
En
outre, régulièrement, nous étions obligés de mettre "pied à sable"
pour retirer l'eau qui s'y était infiltrée et menaçait de nous étouffer
(encore quelques progrès à faire, mais on ne désespère pas, le résultat
en vaut la chandelle).
A
la fin de la journée, nous prenons conscience que nous ne nous sommes pas
suffisamment protégés du soleil : nous pourrions tous cuire un œuf
sur nos épaules ; dos et mollets nous brûlent : nous sommes rouges
fluo et tous les moustiques et hannetons du soir vont se précipiter sur
nous ... Enduits de parfenac et de biafine (crèmes qui soignent, respectivement,
les piqûres d’insectes et les coups de soleil), nous sommes enchantés de
notre journée : de quoi contenter les plus difficiles.

