Notre Dame de la Paix

Le lendemain matin, je secoue tout le monde pour aller faire une petite promenade de santé, à la découverte des proches environs, à l’altitude de 1 700 mètres. Je réussis à sortir Jean-Louis du lit, avec la promesse d’une sieste après le déjeuner. Il est toujours patraque. Cette fois, nous prenons la route qui monte. C’est étonnant comme le paysage change avec l’altitude. Partis de l’étage des bougainvillées et des palmiers, nous arrivons dans un cadre champêtre à l’herbe grasse où paissent des vaches, aux haies garnies d’hortensias bleus ou blancs, de rosiers qui poussent sous les nuages denses qui maintiennent une humidité et une fraîcheur reconstituantes.

Malgré tout, nous voyons que nous sommes sous les tropiques car la végétation conserve des essences typiques de ces régions. Des panneaux explicatifs sont dressés le long du sentier botanique, qui indiquent les plantes les plus caractéristiques : le tan rouge, le change-écorce, le joli cœur, le fanjan (fougère arborescente) et les plantes épiphytes (qui se servent d’autres plantes comme support, mais non comme source de nourriture) comme l’ananas marron (ou faux ananas), l’orchidée et la fougère, ainsi que le lichen (usnée barbue). Je vois également mentionnés la liane arabique ou marabit (clematis mauritiana), la liane croc de chien ou esquine, la liane savon, le petit bois de Rempart des Hauts.

OrchidéesLe petit groupe est déjà loin tandis que je marche lentement, lisant et observant : je suis la dernière, comme d’habitude. D’abord, j’ai tenu à aller voir le point de vue malgré la densité des nuages, et j’ai eu la chance d’apercevoir dans une trouée la profondeur de la barrière montagneuse qui plonge de manière vertigineuse en V aigu, cependant, je n’ai pu voir en face la portion de sentier écroulée sous le poids des dernières pluies tropicales qui rend caduque les indications portées sur les livres de randonnées à propos de cette boucle. Ensuite, j’ai lu consciencieusementchaque panneau et je me suis mise à avancer, nez en l’air, à la recherche d’orchidées en fleurs. Je reconnaissais bien le feuillage caractéristique, niché sur les branches porteuses, mais point de fleurs. A la fin du circuit, la pluie s’est mise à tomber, d’abord fine, puis en véritable averse tiède. Lorsque nous sommes redescendus au Tampon, il ne pleuvait plus.

Il y a une multitude de micro-climats à la Réunion : il peut aussi bien faire un soleil radieux sur la côte, ou tout en haut des montagnes, et avoir une pluie battante à mi-hauteur, ou bien pleuvoir à l’est et pas à l’ouest, au sud et pas au nord. Quelques kilomètres changent tout. D’ailleurs, nous utiliserons cette particularité durant tout notre séjour, suivant nos envies de fraîcheur ou de soleil, d’altitude ou de mer, et nous prendrons la voiture et choisirons notre lieu de promenade en conséquence.

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