Los Angeles

C’est à peine si nous nous réjouissons de notre arrivée, tant la fatigue pèse.

Nous parcourons d’interminables couloirs derrière le responsable du CEGECOBA qui nous a regroupés. Au passage à la douane, une employée hurle ses ordres en américain à tous ces étrangers qui ne la comprennent pas, elle essaie de nous répartir sur les quelque 15 ou 20 colonnes, puis de nous aligner en files de 30, 40, 60 personnes, utilisant des gestes autoritaires pour ponctuer ses dires.

Les fonctionnaires russes étaient moins bruyants et il n’y avait pas toute cette foule à se bousculer à l’arrivée en U.R.S.S. (souvenir de Léningrad).

Sur le trajet de l’aéroport à l’hôtel, nous avons un premier aperçu de Los Angeles et de la circulation sur ces autoroutes qui se chevauchent. Le guide nous fait bonne impression en nous donnant déjà une foule de détails sur la ville et ses habitants. Notre hôtel (Hollywood Holiday Inn) est situé juste en face d’une église dont la façade arbore un immense ruban, identique à celui de la montagne vers San Sebastian, sauf qu’au lieu de militer pour la paix, celui-ci évoque la lutte contre le SIDA. Ainsi, dès notre arrivée, nous voyons que nous sommes au royaume des « gays ». Nous n’y faisons qu’une courte halte pour déposer les valises et reprenons de nouveau le bus pour aller dîner. Nous avons atterri à une heure du matin, étions à l’hôtel deux heures après. Lorsque nous mangeons, il est 20 h 30, heure de Los Angeles, et pour nous, il est 5 h ½ du matin : dur-dur.

Les organisateurs ont cru bien faire en réservant un restaurant sur le port de plaisance (que nous ne verrons que de nuit) à bien ¾ d’heure de l’hôtel : ils ne se rendent pas compte du chemin que nous avons déjà parcouru ! Le cadre est pittoresque, mais très sombre : c’est un ancien entrepôt aménagé avec mezzanine, de grosses caisses et divers ustensiles sont suspendus un peu partout au-dessus du vide.

Le serveur nous apporte de grands verres d’eau emplis de glaçons, nous annonce le prix des bières et vins (en sus du prix déjà payé) et finit par nous apporter du pain caché sous des serviettes et de grandes assiettes contenant une tranche de bœuf (tout le monde a demandé saignant pour ne pas avoir de la semelle), accompagné de divers légumes et sauces.

Première surprise : chacun goûte et se tourne vers ses voisins, les haricots verts ne sont pas cuits, ils ont été à peine ébouillantés, et il en sera de même pour tous les légumes dans tous les restaurants américains où nous mangerons. Après enquête, non, ce n’est pas une erreur, c’est une religion, celle des vitamines, mais c’est tellement mauvais que ce n’est pas étonnant que les Américains se rabattent ensuite sur des cochonneries pour se nourrir ! Pour bien manger, il faut manger chinois, ou italien, ou japonais, ou quoi que ce soit d’autre (français of course !).

Page précédente
Début
Page suivante
2/5