Los Angeles
- Hollywood Boulevard, Beverly Hills
Nous
ne découvrons Los Angeles que le lendemain. Nous visitons Hollywood Boulevard,
son trottoir aux étoiles et aux empreintes de pieds et de mains inscrites
dans des dalles de béton par les stars d’hier et d’aujourd’hui (ils ont conservé
l’empreinte de Maurice Chevalier) sur le parvis d’un théâtre, pâle imitation
de style chinois : le groupe photographie à qui mieux mieux mais pas
nous, c’est laid et ne présente aucun intérêt.
Puis nous continuons sur Beverly Hills, aux belles rues bordées de jolies maisons (plutôt petites et en bois, tremblements de terre obligent) entourées de superbes jardins sans murs ni grilles ni haies : seulement une pancarte prévenant « Surveillance électronique, attention réponse armée » ! La police quadrille le quartier. Même ses habitants ne peuvent s’y promener, tout piéton étant un suspect en puissance soupçonné de vouloir voler ou attaquer ces riches propriétaires. C’est une prison dorée. Les joggers courent autour du quartier, dans un espace vert prévu à cet effet. Nous nous promenons dans la rue commerçante (commerces de grand luxe) où « Pretty woman » faisait ses emplettes et voyons l’hôtel choisi pour le tournage du film.
J’ai
craqué pour un superbe arbre au bout du parc à joggers, au tronc énorme et
dont la ramure recouvre une immense surface (à l’apparence baobab - magnolia).
Un autre m’a émerveillée pour ses superbes fleurs roses, évoquant celles du
flamboyant et je n’ai eu de cesse de savoir son nom, interrogeant les passants
et les badauds autour des salles de concert, opéra et théâtre situés sur une
colline dominant la ville. C’est finalement notre chauffeur de bus qui m’a
donné le renseignement : c’est un jacaronda, aux fruits semblables à
des mangues, mais non comestibles, m’a-t-il précisé. Je me suis empressée
de le noter, pour ne pas oublier.
Los Angeles est située sur une plaine très plate, entourée
de montagnes que nous ne verrons pas car le fog et la pollution sont omniprésents.
Les plus hauts points de vue sont les autoroutes à deux, trois ou quatre étages,
je crois même avoir vu cinq niveaux différents d’autoroutes se croisant en
tous sens, à 10, 12 voies, peut-être plus, bouchonnant régulièrement entre
15 h et 19 h tous les jours de semaine, parcourues de voitures à un seul occupant.
(Une voie rapide, sur la droite, est réservée aux voitures contenant plusieurs
passagers – gare à ceux qui resquillent, l’amende sera lourde !).
Los
Angeles, mis à part son centre financier de gratte-ciel, constitués exclusivement
de bureaux, est une étendue uniforme de petites maisons de bois (on ne voit
pas qu’elles sont en bois, leurs habitants font tout pour laisser croire qu’elles
sont de pierre, brique ou béton) assez laides, quasiment sans jardin, parsemée
de bâtiments industriels. Il ne semble pas y avoir de zones définies industrielles
ou d’habitation. Tout est mélangé. De loin en loin jaillissent d’immenses
palmiers qui donnent une touche assez tropicale à cette ville, d’autant que
les bougainvillées paraissent y pousser très facilement. Si les Californiens
le voulaient, ils pourraient rendre leur métropole vivable, mais ils ne semblent
pas en avoir le temps, occupés comme ils sont par leurs trajets quotidiens,
souvent une heure à une heure et demie pour un aller simple, et par leur travail.
Une chose de sûre, ils ne consacrent aucun moment ni aux courses, ni au jardinage,
ni aux soins de leur maison, ni à leur cuisine.


