Les
gens viennent de toute l’Amérique et souvent du reste du monde aussi pour
y trouver du travail, tant le dynamisme de cette ville est attractif. Mais
il ne se visite pas.
C’est d’ailleurs ce que nous avons regretté de notre
séjour à Los Angeles. Il aurait été intéressant d’y rencontrer des chefs d’entreprise,
commerçants ou industriels, ou bien des conseillers municipaux, ou des professeurs
d’université, puisque l’originalité vient pour une bonne part de cette symbiose
entre les universités et le tissu économique.
Au lieu de quoi, nous avons visité les plages de Santa
Monica et de Malibu, et les studios de cinéma « Universal Studio ».
Ce n’était pas mal, mais nous restions sur notre faim. Un peu trop superficiel
et touristique pour une ville qui ne l’est pas du tout et représente bien
autre chose. C’est un peu la raison pour laquelle j’ai eu envie d’acheter
un journal économique, dans les jolies rues piétonnes de Santa Monica, pour
avoir un écho de cette vie trépidante qui fait pâlir d’envie le monde entier.
(Les compositions florales au milieu des rues piétonnes
étaient dressées sur des grillages en forme de dinosaures, tricératops et
autres stégosaures sur lesquels grimpaient des plantes. Chacun ses références,
eux, c’est Jurassic Park, nous, c’est toute notre histoire).
C’est
vrai que la ville est peu sûre. Le guide n’a pas arrêté de nous faire des
recommandations pour le cas où nous voudrions sortir seuls le soir, nous mettant
au courant des mœurs de la prostitution, nous avertissant des dangers de certains
quartiers où il s’est bien gardé de nous emmener.
La ville est très propre, certes. C’est simple, il
n’y a que des voitures et pas de piétons. Les gratte-ciel sont superbes, et
presque à cent mètres, se trouve le quartier hispano-américain, visiblement
plus pauvre, délaissé et plus grouillant, avec des magasins bon marché. Les
yuppies à cent mètres des mexicains, leurs vies étant visiblement par contre
à des années-lumière. Pas étonnant que de temps à autre, çà éclate. C’est
une ville très contrastée et les différences de niveau de vie sont énormes.
Un
magnat a décidé, il y a quelque quarante ou cinquante ans, de recréer Venise
qu’il avait adorée. Il a conçu de toutes pièces le village de Venice, avec
canaux (et gondoles ?) . Puis, des problèmes d’insalubrité apparaissant
(la Californie est tout de même un désert, l’eau vient de centaines de kilomètres
par canalisations, depuis des lacs générés par des barrages sur les rivières),
la plupart des canaux a été comblée. Reste une population marginale, avec
une salle de body-building en plein air sur le paseo, entre plage et commerces,
où hommes et femmes, noirs et blancs, manient poids et matériel divers pour
se gonfler les muscles. Ah, c’était un spectacle ! Jean-Louis a préféré
celui d’une prostituée en robe plus-que-mini se promenant et se penchant avantageusement
pour parler à ses copains de part et d’autre de la rue. Elle était jolie,
c’est vrai.
Quant à Malibu, c’était assez décevant. D’abord, à
cause du climat, les incendies sont fréquents et souvent provoqués, de même
que sur la côte d’Azur, en pire. Le cadre estbeaucoup moins pittoresque : il n’y a pas de P.O.S. (plan d’occupation
des sols), et par conséquent des maisons (toujours aussi laides et en bois)
sont construites quasiment jusque sur la plage. Le bus avance entre la montagne
presque désertique et dévastée par le feu, et ces bicoques, et la mer reste
invisible, juste derrière. Il n’y a pas de côte aménagée, les voitures se
garent entre la route et la plage. La
mer est belle, mais on est loin des séries « Alerte à Malibu » qui
sont en réalité tournées de cette façon : les plages, c’est bien Malibu,
mais les vagues, ce sont celles d’Hawaii, à je ne sais combien de centaines
ou milliers de kilomètres de là au large. Parce qu’en fait, l’eau n’est pas
si chaude à Los Angeles et les vagues n’y sont pas si belles.
Durant notre court séjour, nous constatons que les
Californiens ont décidé visiblement que le mois d’octobre est trop tardif
pour aller à la plage, alors qu’il fait très bon et que je m’y serais bien
baignée, et nous n’avons vu aucun string ni déshabillé intéressant (Jean-Louis
dit qu’il en a vu un). En plus, c’est plein de cailloux et de rochers, difficile
de rentrer dans l’eau lentement.


