Los Angeles - Universal Studio

Les distances sont incroyablement grandes aux U.S.A. Tout le monde le sait, tout est à une autre échelle. Chez nous, nous évaluons en minutes notre trajet pour aller au travail, ici ils comptent en heures. Ainsi, pour visiter Los Angeles, nous passons de longs moments dans le bus et notre guide profite de ces trajets pour nous parler dans son micro de l’Amérique et des Américains.

Par exemple, la dernière émeute raciale qui a défrayé la chronique avait commencé comme çà : un grand noir baraqué, content d’avoir trouvé un nouveau travail, avait fêté çà dans les bars avec ses collègues. Reprenant la voiture, il fut pris en chasse par la police et arrêté. Ne voulant pas montrer ses papiers, il commença à se faire matraquer (ce qui est légal aux U.S.A., partout, sauf sur la tête). Un jeune policier, voulant faire du zèle, le matraqua également sur la tête, à plusieurs reprises.

La scène avait été filmée par un témoin et la bavure n’ayant pu être étouffée, le policier passa devant les tribunaux où il ne fut condamné qu’à une faible peine. Alors tout le quartier du noir s’en émut, il y eut incendies de voitures, pillages de magasins, morts, bagarres, la ville envoya sa police, puis celle de l’état, sans succès. Alors, ils firent venir les Marines (souvent anciens du Vietnam), de vrais tueurs, qui encerclèrent le quartier qui se calma immédiatement. Les manifestants dirent que la prochaine fois, au lieu de faire des déprédations dans leur propre quartier, ils iraient dans les quartiers riches.

Une autre fois, notre guide nous a parlé des immigrants aux Etats-Unis. Ils sont venus de partout, tous l’ont désiré, sauf les noirs.

Il prétend qu’un tiers des noirs serait maintenant aisé (professions libérales ou similaires), un tiers aurait un travail correct, tous les problèmes dont on entend régulièrement parler ne touchant que le dernier tiers.

D’autre part, depuis le début de leur arrivée en Amérique, tous les immigrants, quelle que soit leur origine, ont subi une forte « déculturation ». Les enfants avaient l’obligation de parler anglais à l’école et perdaient toute mémoire de leur culture d’origine. Il semblerait qu’il y ait un retournement de tendance aujourd’hui et que chacun cherche à retrouver ses racines.

Il n’empêche que l’enseignement des langues étrangères n’est absolument pas obligatoire et que très peu de gens parlent autre chose que l’anglais, ce qui est paradoxal par rapport à ce qui est dit ci-dessus.

Le lendemain, nous avons refait nos bagages, dit adieu à Los Angeles, et, avant de prendre l’avion pour Phoenix, nous avons cinglé vers « Universal Studio » à l’extérieur de la ville, situé sur un espace de quelques dizaines d’hectares.

Montés sur un petit train, un guide nous a fait faire le tour des hangars qui constituent les studios, remplis de planches comme des ateliers de menuiserie, puis nous avons longé des décors, façades de maisons de diverses époques, animées de diverses attractions, telles qu’une averse diluvienne factice (jet d’eau très puissant). Celle-ci a engendré sous nos yeux étonnés un torrent d’eau et de boue qui semblait vouloir emporter notre train mais a tourné au dernier moment pour s’écouler sous un pont, après avoir renversé un petit arbre ; puis la « pluie » a cessé, l’arbre s’est relevé, le torrent s’est retransformé en chemin de terre caillouteux.

Notre train s’est approché d’un lac au milieu duquel flottait une barque avec un pêcheur à la ligne. Soudain a surgi des profondeurs une orque qui a renversé la barque et longé sauvagement le train en nous éclaboussant presque avec la vague.

Nous sommes également passés sur un petit pont au-dessus d’un bras d’eau, qui a brusquement cédé sous notre poids, nous donnant toutes les sensations d’un véritable accident (cris dans le train, pieds et sacs trempés), puis les rails se sont redressés et nous avons redémarré ; même phénomène pour un pont à 7 ou 8 mètres de hauteur, qui s’est démantibulé à notre passage et reconstitué après, sous nos regards admiratifs.

Ensuite, nous avons pu nous promener librement d’une attraction à l’autre, qui toutes avaient pour thème des films connus et récents : E.T., Jurassic Park, Waterworld, Retour vers le futur, ceux sont les quatre qui nous ont le plus séduits. Mais ces spectacles s’apparentaient davantage à ceux du Futuroscope ou à Disney World plutôt qu’à une initiation aux trucages cinématographiques. C’était une plongée (fictive ou bien réelle) dans le bain merveilleux de la fantasmagorie.

Départ à 15 h pour l’aéroport, direction Phoenix : alors là, on ne pourra plus me dire que les Américains sont des gens rationnels et organisés. L’ordonnancement des jeux olympiques d’Atlanta laissait déjà bien à désirer, mais ce n’est rien à côté des guichetiers des lignes intérieures, chargés de l’enregistrement des groupes à l’aéroport de Los Angeles. Ils s’y sont mis à trois personnes, ont refusé systématiquement toute aide de notre guide, ont trouvé le moyen de « planter » l’ordinateur qui leur a listé n’importe quoi, enfin bref, heureusement que nous étions en avance ! En plus, les hôtesses de l’air étaient des laiderons.

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