Las Vegas - Le Hoover Dam
Pour
aller au Grand Canyon, nous sommes partis de la relative chaleur (au matin)
de Phoenix pour aller à 1500-2000 mètres dans le froid (je suis contente d’avoir
apporté mon pull de ski à col roulé, et j’ai mis un autre pull dessous, pour
faire bonne mesure). Maintenant, c’est le processus inverse : nous descendons
vers Las Vegas et la chaleur, il faudra se déshabiller progressivement (Faut
être solide !).
La forêt diminue rapidement et nous apercevons peu
à peu les candélabres typiques du Névada ainsi que de petits cactus fleuris
jaunes qui couvrent toutes les collines et constituent quasiment l’unique
végétation. Arrêt photo. Le guide Michaël nous avertit : défense aux
dames de s’accroupir derrière les cactus !
1)ils sautent et piquent sauvagement toutes fesses à l’air
2)ils hébergent serpents et scorpions, dont il y a des dizaines de variétés
différentes
3)ne pas marcher dessus non plus pour les raisons précédentes.
A
part ça, ils me plaisent beaucoup.
Lorsque nous reprenons notre route, Michaël nous parle
du système carcéral (il y avait une prison juste en face du coin perdu où
nous avons fait nos photos).
Il
nous raconte qu’il n’y a pas assez de policiers pour attraper tous les bandits
des Etats Unis et qu’il leur est assez facile d’échapper à la justice en changeant
simplement d’Etat, car ceux-ci sont encore très indépendants les uns des autres
et le système fédéral n’est pas arrivé encore à obtenir la centralisation
de tous les fichiers. Malgré tout, les prisons sont tellement pleines qu’ils
en sont venus à accepter la création de prisons privées, dont les propriétaires
font travailler les occupants pour les rentabiliser. Seulement voilà, un jour,
il y a eu un scandale quand on s'est aperçu que des prisonniers y subissaient
des sévices graves, pour les rendre plus « aptes » au travail. La
prison d’état la plus proche a donc décidé de retirer les prisonniers de cette
« prison privée - enfer ». Les autres poursuivent leur activité
sans être inquiétées. Peut-être sont-elles davantage contrôlées ?
Il
a parlé également de la peine de mort (sans état d’âme), indiquant seulement
les différents états qui l’appliquent, ainsi que les techniques (pendaison,
injection, chaise électrique). Un prisonnier avait été condamné à la pendaison.
Mais, aux Etats Unis comme en France, la justice est longue et des années
devaient s’écouler entre la sentence et l’exécution. Or il se trouvait que
ce prisonnier refusait absolument l’idée de se faire exécuter de cette façon
honteuse. Alors, il mangea, mangea et grossit, grossit, grossit … jusqu’à
rendre impossible son passage par la trappe. Lorsque le terme arriva, on fut
obligé de lui administrer une injection (ce qu’il voulait).
Un
peu plus loin, nous passons devant une ancienne mine flanquée d’un minuscule
village, à des lieues de toutes villes et au sein d’un paysage désolé. Notre
guide nous en indiquera ainsi plusieurs, mines de cuivre, argent, or, restes
déchus de l’époque déjà ancienne de la ruée de populations entières accourant
de l’est surpeuplé vers cet ouest mythique. Le village avait plusieurs milliers
d’habitants. Il en reste maintenant très peu, groupés autour de leur point
d’eau, vivant chichement dans un isolement impressionnant. Ceux qui s’enrichirent
le plus (dixit Michaël) furent les commerçants qui fournirent tout ce petit
monde en matériel et vivres (pelles, pioches, etc …).
Le
désert continue, devient accidenté, et au détour du chemin, un reflet attire
le regard : de l’eau ! Un lac, dont nous faisons le tour :
c’est le lac de retenue du barrage « Hoover Dam » que nous traversons
en voyant, d’un côté, le lac (superbe, enchâssé dans les montagnes sèches),
de l’autre, le précipice vertigineux accentué par la verticalité courbe et
artificielle du béton du barrage, et, tout en bas, un filet d’eau agité qui
s’échappe des turbines. Le long de la route, de grands pylones tout de travers
et des fils électriques à haute tension. On nous montre le tunnel au bas de
la montagne qui longe la rivière et par lequel les camions passaient pour
apporter le matériel de construction du barrage. Quand les machines se sont
modernisées et ont été d’un volume trop important pour passer par ce petit
tunnel, les ingénieurs ont fait arriver une route au sommet du canyon, ont
tendu un système de filins entre les deux montagnes et descendu dans le vide
les grosses machines.
Ce que je n’ai pas bien compris, c’est qu’ils ont d’abord fait un premier barrage, avec simplement de la terre, pour détourner la rivière, et quand le lit a été totalement asséché, ils ont fait le barrage définitif en béton dontla base est une fois et demie plus large que sa hauteur. Nous sommes descendus à l’intérieur par un ascenseur qui n’en finissait pas de s’enfoncer dans les profondeurs et nous avons parcouru les salles remplies de grosses turbines dont une moitié est en Arizona et l’autre dans le Nevada, le lac et le barrage faisant la frontière entre les deux états par leur milieu. Comme d’habitude, on nous a abrutis de chiffres (les Américains adorent vraiment ça !) que je me suis empressée d’oublier. De toute façon, au-delà de 10, ils ne représentent rien pour moi, alors des millions (de KW/h ou de dollars) !


