Las Vegas (suite)
Alors,
cette promenade … Le bus nous a tout d’abord amenés dans un quartier anodin
en apparence. Nous sommes descendus et avons marché vers une rue perpendiculaire.
Michaël ne nous avait rien dit, pour ménager la surprise. De loin j’apercevais
une drôle de structure métallique, comme la voûte d’un supermarché dont on
verrait l’ossature, mais située à l’extérieur. Puis nous avons pénétré dans
cette rue où une foule attendait tout du long, peut-être sur 250 ou 500 mètres,
regardant les vitrines et affiches en néon sur les devantures. Toute la rue
était recouverte d’une voûte parsemée de milliers d’ampoules.
Et tout d’un coup, tout s’est éteint et en même temps
qu’une musique démarrait, la voûte s’est illuminée. Un gigantesque dessin
animé bougeait au rythme de la musique et ses motifs symétriques variaient
sans arrêt. Difficile à décrire. Nous étions tous debout là-dessous, la tête
rejetée en arrière, avec l’envie de danser et ne sachant où regarder tant
c’était grandiose. Je ne peux pas dire que le choix ni des musiques ni des
images animées était génial, mais l’effet produit était impressionnant et
nécessitait l’utilisation de je ne sais combien d’ordinateurs pour coordonner
l’ensemble. Cela dura environ un quart d’heure, puis sous les applaudissements
spontanés de la foule, la voûte s’éteignit et les lumières sur les murs et
dans les magasins se rallumèrent.
C’est un des casinos qui avait organisé ce spectacle
pour attirer du monde, et cela avait tellement bien marché que les autres
avaient dû lui demander d’espacer ses représentations pour que les clients
puissent s’en éloigner et aillent jouer ailleurs.
Ensuite,
nous reprîmes le bus pour aller nous promener dans les jolies rues bordées
d’espaces verts. Nous avons pénétré dans un bel hôtel avec un restaurant italien
et un restaurant français à l’intérieur (très chics), un autre avec un aquarium
géant derrière son comptoir avec d’énormes anémones de mer aux couleurs psychédéliques,
et en face, un jardin intérieur avec ruisseau, orchidées disposées sous des
arbres géants éclairés par une verrière, qui abritaient un restaurant sous
leur ramure, et nous sommes ressortis pour voir une énorme cascade artificielle
accompagnée de jets d’eau. Nous nous sommes approchés, essayant de comprendre
la raison pour laquelle les gens s’agglutinaient de la sorte autour de cette
fontaine. Tout d’un coup, dans des éclatements de feu d’artifice, les jets
ont pivoté et l’éclairage a changé, l’eau se teintant de rouge : la fontaine
imitait à s’y méprendre un volcan en éruption avec coulée et jets de lave,
et de la fumée et des flammes en plus pour nous impressionner davantage. Eh
bien, c’était réussi. Ils nous en ont mis plein la vue. Pendant dix minutes,
nous nous y sommes crus, au pied de l’Etna ou du Vésuve.
En
bus, nous sommes passés le long d’un hôtel qui possédait sur le plan d’eau
qui le jouxtait deux bateaux grandeur (presque) nature, un pirate et un de
Sa Majesté la Reine d’Angleterre. Toutes les demi-heures ou toutes les heures,
les pirates commençaient à attaquer les marins, les boulets de canon fusaient,
les cris jaillissaient, les grappins partaient à l’assaut, et à la fin, (Amérique
oblige), le bateau de la Reine coulait. Puis, au bout d’un moment, tout se
remettait en place jusqu’à la fois suivante.
Nous sommes allés également pour finir dans un hôtel
dont la galerie marchande intérieure (uniquement des magasins de luxe) aurait
pu contenir la totalité du centre piétonnier de Bayonne. Les décors des magasins
imitaient à s’y méprendre des façades de maisons et le plafond représentait
une voûte couleur de ciel avec de petits nuages, dont l’éclairage se modifiait
insensiblement pour passer des lumières du matin à celles du soir. Nous avons
pris des photos du groupe sur une des places, devant un kiosque de statues
simili gréco-romaines. De temps en temps, nous voyions bien que nous étions
en Amérique, parce qu’il y avait également des statues de Donald ou autre
personnage de Walt Disney. Curieux et plutôt de mauvais goût.


