San Francisco
Le
lendemain, nous avons repris l’avion pour San Francisco : le meilleur
à la fin du séjour. L’ambiance du groupe commençait à changer, les membres,
se connaissant mieux, s’interpellaient par leur prénom en se tutoyant et même
certains se retrouvaient affublés de surnom. Il faut voir le « binz »
qu’ils ont mis dans l’avion ! Il y en a un qui s’est levé et s’est mis
à imiter tous les faits et gestes des hôtesses au moment des consignes de
sécurité, indiquant l’emplacement des sorties de secours, parachute, masque
à oxygène … L’hôtesse riait tellement qu’elle en perdait le fil, regardant
désespérément sa collègue plus éloignée en tête d’avion. En plus, elles parlaient
un peu français, et, sans être très jolies, étaient fort sympathiques. C’est
tout juste si elles n’ont pas embrassé tout le groupe lorsque nous avons atterri.
Il y avait également un jeune (et beau) chanteur d’opéra à bord avec lequel
nous avons discuté (et chanté) le temps du trajet.
San Francisco : nous avons cru atterrir de nouveau
aux Antilles. Comme à Saint Martin, l’avion a semblé se poser sur l’eau tant
la piste est proche de la baie. Le temps était un peu nuageux. Nouveau bus,
nouveau chauffeur.
Première
impression : le dynamisme. L’aéroport est en train de doubler sa surface
d’accueil, il y en a pour plusieurs années de travail. Il est un peu en dehors
de la ville. Notre guide veut nous conduire à un site élevé d’où nous pourrons
avoir une vue d’ensemble de la baie. De là, nous voyons une ville pas si grande
que çà, avec un quartier de gratte-ciel relativement circonscrit à un petit
périmètre et surtout, je suis déçue parce que je ne vois pas les collines
si célèbres que nous voyons dans tous les films qui la prennent pour cadre.
Jean-Louis, quant à lui, attend que le rayon de soleil
se déplace pour pouvoir prendre ses photos. Il fait un peu sombre et l’éclairage
n’est pas assez contrasté. Zut ! Cà ne va rien donner.
Mais
la vue est tout de même superbe : la ville, la baie, les ponts, de l’autre
côté de la colline où nous nous trouvons, le Pacifique, et une noria d’énormes
bateaux qui se dirige vers ce que j’apprendrai plus tard être Oakland. Des
ports de plaisance dans tous les recoins et des voiliers partout ; de
la verdure ; de jolies maisons. Que nous sommes contents d’y être enfin !
Moi, je n’ai fait le voyage quasiment que pour elle. Jean-Louis, lui, c’était
pour le Grand Canyon.
Nous descendons sur le « Pier 39 » (Quai
39) pour y déjeuner. Pendant que nous traversons la ville, Michaël nous décrit
les dégâts occasionnés par le dernier tremblement de terre, qui s’est passé
l’année même de son arrivée dans cette ville. Dégradations,
éboulements, incendies, la seule chose positive qu’il en ait retiré, c’est
l’extraordinaire entraide qui s’est organisée après le désastre. Les habitants
ont été traumatisés, et à chaque fois qu’il y a le moindre début de problème,
les camions de pompiers se précipitent en nombre, sirènes à bloc, vers le
lieu du sinistre. C’est épouvantable le bruit qu’ils font. Et bien sûr, ils
vont à fond les manettes, même dans les carrefours, et même s’ils sont très
bruyants et du plus beau rouge, c’est tout de même sacrément dangereux. Surtout
que, maintenant que nous sommes dans la ville, nous voyons bien qu’elle est
presque entièrement construite sur des collines très pentues, avec les rues
dans le sens de la pente, et les perpendiculaires qui font un replat au croisement
qui peut faire rebondir les voitures si elles vont trop vite dans la descente :
aucune visibilité. Comme à Los Angeles, la plupart des maisons sont en bois,
mais elles ont beaucoup plus de charme, sont plus coquettes, plus soignées,
plus anciennes aussi, souvent de style anglais (victorien) – vue d’une rangée
de ces maisons sur fond de gratte-ciel, pause photos, lieu classique –.


