San Francisco - Le quartier chinois

Nous avons (enfin) une journée libre. Nous partons à pied de l’hôtel avec Marc et Geneviève en direction du quartier chinois. Nous passons par la porte (chinoise) et, comme Alice à travers le miroir, nous changeons de monde. Il n’y a pratiquement plus que des Chinois autour de nous, les pancartes sont écrites en chinois, les magasins (même d’alimentation) n’offrent que des produits asiatiques (à l’exception, peut-être, des cartes postales). C’est le dépaysement complet. Dommage que nous soyons obsédés par le désir de trouver absolument des souvenirs à rapporter. Cela gâche un peu le plaisir de la découverte.

Puis nous retournons au Pier 39, car Jean-Louis a repéré, lors de notre premier passage en bus, des étalages de crabes que l’on mange debout dans des petites barquettes, avec les doigts, et qui lui font très envie. Nous restons plus d’une demi-heure à regarder et comparer, admirant la dextérité de l’un des vendeurs qui jongle avec sa massue tout en brisant méthodiquement les carapaces, et en rythme, attention ! Finalement nous nous décidons pour des sandwiches plus faciles à manger, au crabe pour Jean-Louis, aux crevettes pour moi, et allons nous installer au milieu de la foule au bord de l’eau. Parce que çà y est, c’est la Fleet Week ! Tout San Francisco est réuni sur le port au soleil pour regarder les acrobaties des avions, et ils font des queues aussi interminables que tranquilles et bon enfant pour monter sur les bateaux promenade de la baie aux couleurs bleu et or.

Parmi cette foule, nous observons qu’il y a des gros, des vraiment énormes, des obèses qui forment des tableaux impressionnants (certains sont obligés de marcher avec des cannes et sont pratiquement infirmes). Mais j’ai l’impression que cette plaie ne touche ni la population d’origine chinoise, ni l’hispanique. Si les Américains ne mangeaient pas tout le temps aussi !

Et il y a aussi des gays. Quelle rigolade ! Déjà, à Los Angeles, Michaël nous avait prévenu que dans le quartier d’Hollywood, où nous logions, il fallait se méfier sérieusement des belles de nuit qui en fait étaient des hommes (anatomiquement), mais alors, à San Francisco, nous en avons vu des tonnes, et non déguisés. Sylvain voulait qu’on lui ramène un Jean, Levi’s 501, nous sommes donc allés dans un magasin spécialisé où la plupart des vendeurs étaient gays.

Jean-Louis a essayé un pantalon avec les conseils avertis de l’un d’entre eux, quant à la taille et la coupe.

Dans un grand magasin dont le rez-de-chaussée était réservé aux parfums, maquillages et divers soins de beauté, au moins la moitié des stands était tenue par des hommes qui maquillaient et conseillaient ces dames. Nous avions beau être avertis, c’était tout de même très étonnant. Ceux-là au moins n’étaient pas obèses, c’étaient des jeunes hommes à la minceur filiforme et aux manières bien caractéristiques.

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