San Francisco - Napa and Sonoma Valleys

Les vins californiens : nous sommes allés visiter les vallées de Napa et Sonoma, consacrées aux vins hauts de gamme. Nous avons (enfin) traversé les seules terres cultivables de la région, où les paysans produisent de tout. Michaël nous a dit que cette agriculture ne pouvait se faire que grâce aux premiers habitants de la Californie (après les indiens) et qui n’en sont jamais partis : les Mexicains ; d’une part, parce qu’ils acceptent de bas salaires, et d’autre part, parce qu’ils sont les seuls à accepter les tâches agricoles (les Américains n’en veulent pas). Comme chez nous, de temps en temps, ils sont accusés de « prendre le travail » des Américains et d’être la cause du chômage, mais cela ne tient pas devant la réalité des faits.

A propos du chômage, Michaël nous dit qu’il est très difficile à quantifier, mais que d’après lui, il doit être plus proche des 7% que des 3% annoncés par le gouvernement. Les seuls à être indemnisés, et petitement, sont les femmes mères de famille. Les hommes ne reçoivent rien, ils n’ont que la ressource de trouver un travail, quel qu’il soit.

Les contrats sont souvent à durée déterminée et les gens changent plusieurs fois de métier au cours de leur vie (en moyenne trois ou quatre fois) et font des métiers qui n’ont souvent rien à voir avec leur formation initiale. En outre, ils sont bien plus mobiles. Michaël a travaillé quelques années en France, au Canada, à New York puis à San Francisco. Il a été manœuvre dans le bâtiment à mi-temps pour payer ses études pendant deux ans, il a également été contrôleur financier dans une banque, a travaillé à la bourse de New York, et maintenant il est guide. Bien sûr, la vie de famille en pâtit. Il a divorcé de sa première femme, et sa seconde (la française) ne supporte pas de le voir parti des semaines entières pour accompagner ses groupes. Sans doute va-t-il changer encore de métier !

En ce qui concerne les gens en âge de prendre leur retraite (65 ans), ils ont de plus en plus tendance (depuis Reagan) à poursuivre jusqu’à 70 ans leur travail, principalement pour des raisons financières, leur retraite étant trop réduite.

Pour revenir aux champs, c’est bientôt Halloween et nous voyons des champs entiers couverts de citrouilles et, en devanture des magasins d’alimentation, des étalages de citrouilles décorées, creusées ou simplement empilées. Arrivés à notre première cave, nous avons tous l’impression d’être l’objet d’une supercherie : les vignes alentours sont quasiment inexistantes, la cave minuscule. Un allemand nous fait l’article en américain pour parler des propriétaires d’origine italienne, et des cuves, importées de France (en chêne français). Le but réel est de nous attirer dans un magnifique magasin situé juste à la sortie de la visite de la cave et qui propose à la vente toute une gamme de produits italiens (et accessoirement le vin de la propriété). Une immense tente abrite des tables et des tonnelles à l’extérieur invitent au pique nique champêtre. Nous sommes sur la colline, avec une large vue dégagée sur la campagne environnante (plutôt sèche). Les Américains ont coutume de venir avec leur en-cas, achètent le vin à la cave et mangent là sur place, en guise de sortie dominicale.

Le domaine Chandon, où nous prenons notre déjeuner, nous donne une meilleure impression et fait nettement plus professionnel. L’architecture moderne du château, mêlant bois et béton, est superbe, il y a un beau parc avec de vieux arbres et une pièce d’eau. Seul un spécialiste peut faire la différence entre leur champagne et le nôtre. Qui plus est, la cuisine est française, nous nous régalons. Ce sera le meilleur repas du séjour. En plus, là, les vignes existent bel et bien et la cave est très imposante. Ils savent faire.

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