Edimbourg

Edimbourg

Finalement, notre destination est évidente : quand les immeubles deviennent imposants, nous sommes au centre. Edimbourg est bâtie sur plusieurs collines. Elle doit son nom au roi Edwin de Northumbrie (Edwinesburgh : la forteresse d'Edwin), bien que celui-ci soit mort avant que ses sujets ne s'emparent du site en 638. C'est une ville très pittoresque et nous apprécions les différents styles d'architecture qui illustrent des siècles d'histoire. La partie neuve est moins attrayante mais nous intéresse en raison de son allure typiquement britannique.

Depuis Princes' Street, nous avons un superbe point de vue sur la vieille ville en face, un château fort sur une colline à gauche qui surplombe le Firth of Forth et le Castle Rock sur la droite. Nous nous trouvons près du Scott Monument de style néogothique chargé et noirci par la pollution qui domine un parc envahi de badauds assis ou allongés dans l'herbe au soleil ou à l'ombre des arbres malgré le vent frisquet et la fraîcheur de l'air : ils me rappellent l'Allemagne. Dans le fond du vallon encaissé, enfouie dans les frondaisons, se cache la gare d'Edimbourg.

Il est trop tard pour visiter un musée ou le château et trop tôt pour dîner, nous marchons donc au hasard des rues, entrons pour le plaisir des yeux dans les boutiques de vêtements écossais en laine douce de couleurs vives ou passées, les enfants sont attirés plutôt par les étalages d'épées et de casques moyen-âgeux... et nous détaillons les menus des nombreux restaurants aux mets aussi exotiques que mystérieux.

Entre les maisons s'ouvrent des passages étroits qui débouchent sur des patios ou des cours intérieures, cèlent des grilles ouvragées et des escaliers de pierre en colimaçon inscrits dans des tours antiques. Il y a peu de circulation automobile ici : les parkings doivent être aménagés à la périphérie de la vieille ville, le stationnement est interdit le long des trottoirs et les transports en commun semblent très utilisés. Les bus à étage rouges nous enchantent, de même que les bus de visite de la ville à étage découvert et carrosserie ornée de décorations et publicités peintes. Mais ceux sont les taxis qui nous étonnent le plus, voitures noires des années 40 au moins, ou peut-être antérieures. Les particuliers roulent également souvent dans des voitures originales et attirent nos regards.

Fatigués par nos déambulations (et gelée, parce que j'ai voulu faire la coquette et me suis mise en jupe et sandalettes), nous finissons dans une sorte de snack à la décoration automobile (enjoliveurs, plaques, volants...) où nous mangeons italien et mexicain. Je prépare la monnaie pour le bus et nous retournons à Princes' Street. Malgré l'heure un peu tardive (pour des Britanniques), nous n'attendons pas trop et j'épate le chauffeur en lui indiquant de suite le montant cumulé de nos cinq tickets. Il n'y a pas de bouton pour avertir le conducteur où nous voulons descendre et celui-ci ne s'arrête pas systématiquement à tous les arrêts. Nous rions quand nous voyons une dame âgée se précipiter en bousculant un sac des enfants, mais lorsque nous reconnaissons la maison de notre logeuse et que le bus poursuit sa route imperturbablement, nous rions jaune. Je me rue vers l'avant et lui indique notre adresse. Il stoppe à l'arrêt suivant sans s'excuser en disant simplement que nous en aurons pour dix minutes de marche en sens inverse ! C'est comme çà qu'on apprend...

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