Oban

Le loch Katrine

Le lendemain, nous prenons la route pour Oban et je souhaite faire une halte au loch Katrine dans les Grampians. J-L s'habitue à la conduite à gauche, quoique chaque rond-point soit encore une épreuve. Les distances indiquées sur les panneaux, en miles, sont trompeuses, et les routes encombrées ralentissent notre vitesse. Nous mettons près d'une heure à sortir de l'agglomération d'Edimbourg, en longeant la côte, traversant les docks et les zones industrielles avant de remonter par la rocade puis l'autoroute vers le N-O.

Je suis surprise du temps que nous mettons à parcourir les distances. D'après moi, il y a trois raisons à cela. D'abord, nous ne sommes pas habitués à conduire à gauche et à lire tous ces panneaux aux noms de lieux anglais difficiles à déchiffrer, de couleurs et de sigles différents (M pour les autoroutes par exemple). Deuxièmement, il y a beaucoup de circulation dans le sud des Highlands. Troisièmement, j'ai bien l'impression que l'auteur du programme Autoroute Express que j'ai utilisé pour fixer les étapes du voyage a confondu les miles et les kilomètres (1 mile = 1,609 km environ).

Nous aurions dû obliquer sur notre gauche à Callander mais le loch Katrine n'était pas indiqué, il n'y avait qu'un panneau marqué Aberfoyle, qui est un village situé bien plus au sud. J'ai pensé que ma carte n'était pas très exacte et que nous trouverions l'embranchement un peu plus loin. Une demi-heure après, toujours rien. Comme il y a plein de lacs partout, nous décidons de poursuivre et de faire halte au suivant. Nous aurions bien aimé marcher autour, mais la route le longe de très près et la berge semble impraticable. Il y a des kayaks sur la grève, manque de chance, ils sont réservés et le petit restaurant à côté qui en possède également les loue pour un montant de l'heure exorbitant.

Nous grignotons un bout et reprenons la route, très longue et très étroite, au milieu de forêts de feuillus et de conifères. Les bûcherons massacrent des pans entiers de montagne, ne prenant que les troncs et laissant sur place les branchages inutiles qui gisent, desséchés. En bordure des coupes, des arbres bousculés demeurent penchés, à moitié déracinés. De jeunes pousses seront ensuite plantées très serrées (ou bien semées à la volée ?) sur les jachères, mais pour le moment, les flans dénudés semblent avoir été soufflés par des cyclones et sont exposés à la pluie et au ravinement.

Nous nous arrêtons encore non loin d'une cascade, où nous expérimentons au milieu des rires la marche sur les tourbières. C'est incroyable comme le sol est imbibé d'eau. Il faut bien choisir où nous mettons les pieds : des ruisselets courent partout, des trous d'eau se cachent sous la mousse et les herbes, finalement, il y a très peu de terre ferme.

Plus loin encore, nous faisons halte à Inveraray et nous promenons dans les environs du château. Cette petite détente nous fait du bien. Les enfants prennent en photo des vaches rousses au poil très long, quasiment chevelues, et aux cornes effilées de taille respectable. Ensuite, ils se bombardent à coup de plaques de mousse en courant dans tous les sens. En repartant, je tiens à immortaliser cette vue irréelle de bateaux échoués à l'intérieur des terres et des oiseaux de mer picorant la vase couverte d'algues brunes dégagées par la marée basse. Où que nous soyons en Ecosse, la mer n'est jamais loin et les mouettes remplacent les pigeons sur les toits des villages.

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